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La flambée des prix des denrées alimentaires affecte durement les familles en Afrique

Publié le : 24.06.2022

L’Afrique, qui dépend fortement des importations alimentaires en provenance de la Russie et de l’Ukraine, subit des hausses de prix dans la chaîne d’approvisionnement du blé, du tournesol et du pétrole brut. Les prix du sucre, du riz, de l’huile, de la viande, du savon et des pâtes ont augmenté de 20 à 30 % en Afrique occidentale et centrale.

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) prévoit qu’en Afrique de l’Ouest 7 à 10 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir des conséquences de la guerre alors que la région est confrontée à une crise alimentaire et nutritionnelle pour la 3e année consécutive : 33,4 millions de personnes devraient avoir besoin d’une aide alimentaire en 2022.

Les familles vulnérables sont confrontées à une insécurité financière accrue

Pour Fatou, mère célibataire avec quatre enfants vivant dans la banlieue de Dakar au Sénégal, la guerre qui fait rage sur un autre continent a des répercussions sur sa capacité à nourrir sa famille car les prix des denrées alimentaires et ceux d’autres produits de base ont explosé.

« Il y a quelques mois, un kilo de viande coûtait 3.000 CFA (environ 4,60€), maintenant c’est 4.000 (environ 6,10€)  […] Nous ne mangeons donc plus de viande. La nourriture que je donne à mes enfants a changé. J’ai dû réduire la quantité et la qualité de nos repas et le petit-déjeuner se résume maintenant à du pain […] C’est pire que le Covid-19 ».

Fatou

Fatou, qui porte sur ses épaules la responsabilité de sa famille, est depuis quelques années membre d’une Association Villageoise d’Epargne et de Crédit (AVE&C), lancée par SOS Villages d’Enfants au Sénégal pour les familles de sa communauté. « Tous les lundis, chaque famille donne 2.500 CFA (environ 3,50€) et une fois par an, nous ouvrons la trésorerie et nous partageons ce qu’elle contient », explique Fatou. « Mais cela fait deux semaines que je n’ai pas pu apporter ma contribution. Cela ne m’était jamais arrivé depuis que j’ai rejoint l’AVE&C. »

Suite au décès de son mari, Fatou avait rejoint le programme de renforcement des familles de SOS Villages d’Enfants. Elle était au chômage et avait du mal à subvenir aux besoins de ses enfants. Elle était sur le point de les retirer de l’école mais grâce au soutien de SOS Villages d’Enfants, elle n’a heureusement pas eu à le faire. En effet, elle a pu ouvrir son propre commerce de volailles et son café. Hélas la crise actuelle met en péril la stabilité financière qu’elle a durement acquise.

Une femme nourrit ses poules
Fatou a réduit son activité d’élevage de volailles car le prix de l’alimentation des poulets a augmenté de 20 %.

« Les ménages qui ont bénéficié de notre programme de renforcement des familles pendant des années et qui étaient enfin sur la bonne voie pour être indépendants, connaissent maintenant un revers, en raison de l’augmentation actuelle des prix », explique Bernadette Senghor, responsable du programme régional de SOS Villages d’Enfants à Dakar.

Selon la Banque mondiale, la guerre en Ukraine a aggravé la crise alimentaire et les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à fin 2024.

Photos : Jess Tradati

Notre action en Afrique de l’Ouest

Au Bénin, en Guinée, au Niger et au Sénégal, nous sommes engagés dans 12 Programmes d’Accompagnement des Communautés pour la Protection de l’Enfant (PACOPE) inscrits dans notre 4e Accord-Cadre (2022-2026) signé en février 2022 avec le MAEE. Quelque 30.000 personnes parmi lesquelles 12.050 enfants/adolescents et 2.250 familles en sont les bénéficiaires directs.

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