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« J’ai l’impression d’avoir eu
beaucoup de chance dans cette vie »

Publié le : 29.04.2021

Par Sneha Bhuyan

J’avais 3 mois quand j’ai été amenée au Village d’Enfants SOS de Guwahati et 18 ans quand je l’ai quitté pour vivre loin de ma maison SOS dans une résidence universitaire. Sur ma carte d’identité, là où devrait figurer le nom de mon père, vous lirez « Directeur du Village, Guwahati ». Mes amis à l’université pensaient que par erreur, j’avais écrit le titre de mon père au lieu de son nom, j’ai alors réalisé à quel point ma vie avait été différente de la leur.

A ce moment, je leur ai dit à quel point j’aimais et chérissais tout de ma vie passée au village d’enfants SOS. Nous avions un beau campus verdoyant et des aires de jeux. Ma mère SOS m’aimait et les merveilleux membres du personnel faisaient partie de la famille. Je leur parle encore tous les jours, je les inonde de questions et ils se réjouissent de satisfaire ma curiosité. J’ai l’impression d’avoir eu beaucoup de chance dans cette vie.

Quand mes amis me demandent si je pense à mes parents biologiques et aux raisons qui les ont contraints à m’abandonner, ils sont surpris d’entendre que je n’y pense pas tant que ça. J’ai eu une si belle vie et une famille si attentionnée. Ma vie est pleine d’amour, aussi mes pensées ne s’attardent pas souvent sur les raisons qui ont conduit ma mère à me laisser et quand j’y pense, j’ai mal pour elle.

Quant à moi, je suis d’avis que j’ai eu plus de chance que la plupart des gens, car j’ai un grand nombre de frères et sœurs sur qui je peux compter et que je peux appeler lorsque j’ai besoin d’aide ou de soutien.

Quand je suis venue à Jaipur pour étudier le commerce à l’université, il m’a fallu un certain temps pour m’adapter au changement. Ici, j’étais cette fille venant d’une autre partie du pays qui avait atterri dans une nouvelle ville. J’ai pris contact avec des frères et sœurs SOS vivant aussi dans cette ville. A l’époque, je me souviens que j’appelais ma mère tous les jours et que je lui disais à quel point elle et mes frères et sœurs me manquaient. Parfois, j’appelais même notre directeur de village, que j’appelle oncle Subodh, comme un père il me guidait sur la façon de relever les défis auxquels j’avais à faire face.

Je me souviens de la fois où je devais me présenter à un examen d’entrée à New Delhi, une métropole animée et très écrasante, j’étais tellement stressée et confuse que je n’ai pas pu me rendre à l’examen. Pétrifiée et bouleversée, j’ai appelé oncle Subodh pour lui raconter ce qui s’était passé, il a commencé à rire et m’a dit que tout allait bien, qu’à l’avenir il y aurait beaucoup d’autres d’opportunités de ce genre qui se présenteraient à moi. Il m’a dit que je devais le prendre avec humour et me rappeler que tout le monde traverse des situations comme celles-ci. Même si je me fais des amis facilement, mon pilier restera toujours ma famille SOS.

A la fin du confinement, je suis restée seule dans la résidence universitaire pendant un certain temps. C’est alors que s’est développé mon intérêt pour Instagram, il me permet de rester en contact avec mes amis et ma famille. L’application m’a également motivée à sortir un peu afin de pouvoir réaliser des posts sur les endroits à visiter autour de Jaipur, les pistes cyclables, les temples et les circuits de randonnée. Être enfermée toute seule dans la résidence m’affectait mentalement. J’aime prendre des photos et partager mes expériences et ce que j’apprends sur un endroit avec les autres. J’ai donc commencé à publier et à tirer le meilleur parti du confinement en m’adonnant à la cuisine, au cyclisme et en tentant de garder une attitude positive malgré les contraintes liées à la situation actuelle. J’ai reçu tellement d’encouragements de tout le monde que j’ai décidé de faire des publications plus régulièrement. Je souhaite que d’autres connaissent mon histoire qui est heureuse, malgré le fait qu’elle soit différente de ce à quoi les gens s’attiendraient. Je veux me construire une vie vraiment heureuse et réussie, car il y a tant de frères et sœurs SOS qui me prennent en exemple. Je sais que c’est le cas, par ce que lorsque je grandissais au village d’enfants SOS, je suivais ce que faisaient mes frères et sœurs de SOS et j’étais encouragée par leur réussite et leur bonheur. J’espère être une source d’inspiration pour mes jeunes frères et sœurs SOS.

Sneha, 20 ans, étudie le commerce dans une université de Jaipur, en Inde, et souhaite obtenir un diplôme en administration des affaires. Sneha a grandi dans le village d’enfants SOS à Guwahati, dans le nord-est de l’Inde.

Photos ©Pearl Sandhu

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