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En sécurité à Brovary

Publié le 24.02.2023

« Je dis au personnel des villages d’enfants SOS qu’il m’étonne, car nous n’avons jamais eu autant de soutien », déclare Valentyna Chernyuk, mère d’accueil de quatre enfants de la région de Kherson, qui vit désormais dans le village d’enfants SOS de Brovary.

Toute sa vie, Valentyna, 44 ans, s’est occupée de son ménage, de son potager, de ses animaux et de ses poules dans un petit village de la région de Kherson. Elle s’occupait aussi souvent des personnes âgées de son village.

A 29 ans, elle est devenue mère d’accueil d’un petit garçon. Depuis lors, Valentyna a élevé neuf enfants : son fils biologique et quatre enfants placés sont aujourd’hui des adultes indépendants, tandis que quatre autres enfants qu’elle a accueillis, âgés de 5, 8, 10 et 12 ans, vivent toujours avec elle. « J’ai une des vocations les plus merveilleuses au monde – être parent d’enfants qui ont besoin d’une famille », dit Valentyna. « Je les aime tellement ! ».

De mal en pis

Lorsque la guerre a commencé, certains de ses enfants adultes ont fui avec leurs familles vers la région d’Odessa. D’autres, comme Valentyna et les plus jeunes, sont restés dans la région de Kherson, occupée pendant longtemps.

L’occupation n’a pas détruit le quotidien de Valentyna, qui aidait des personnes âgées tout en prenant soin de ses enfants. Elle s’occupait de fermes communautaires locales qui fournissaient gratuitement du pain et du lait. Mais chaque jour était pire que le précédent. Des tanks circulaient, des avions quadrillaient le ciel. Les enfants avaient peur. Ils pleuraient et commençaient à souffrir d’énurésie. La nuit, ils se serraient tous dans le lit de Valentyna. « Ils se sentaient plus en sécurité près de moi », dit-elle, ajoutant que, malheureusement, les enfants se sont habitués à ce quotidien sinistre.

Valentyna raconte qu’à l’automne 2022, les familles d’accueil de la région se sont vu proposer une compensation pour l’inscription des enfants à l’école. C’est à ce moment-là que Valentyna a décidé qu’il était temps de partir.

Pour mes enfants

« J’ai cherché sur Internet comment fuir », explique Valentyna. « J’ai trouvé une organisation qui évacuait des femmes avec des enfants. J’ai écrit, la réponse a été immédiate, nous avons quitté notre village dès le lendemain.

Nous nous sommes dirigés vers Zaporijjia en bus. Il n’y avait que des femmes et des enfants. Nous avons passé la première nuit dans les champs, dormant sur le sol du bus, car les soldats russes ne nous laissaient pas passer.

Je me souviens que j’étais la dernière de la file au poste de contrôle. Le soldat a déversé toute sa colère sur moi. Il m’a insultée, a juré et m’a maudite parce que j’avais beaucoup d’enfants. J’ai pris sur moi, j’ai gardé le silence, espérant seulement qu’il ne vérifierait pas l’identité des enfants et ne découvrirait pas que je n’étais pas leur mère biologique ».

Où allons-nous ?

« Nous sommes arrivés à Zaporijjia le jour suivant, des volontaires nous ont accueillis. Nous avons passé la nuit dans un jardin d’enfants sur des matelas à même le sol. Lorsque les volontaires ont apporté de la nourriture, ils nous ont demandé si nous avions un endroit où aller. Nous n’en avions pas. Je suis née et j’ai vécu toute ma vie dans mon village. Où pouvons-nous aller ?

Les volontaires nous ont mis dans un bus gratuit pour Kyiv où nous sommes arrivés cette nuit-là. Personne ne nous attendait. Finalement, d’autres bénévoles nous ont proposé de passer la nuit à la gare. Nous avons dormi sur nos serviettes à même le sol. Je n’arrivais pas à dormir. Bientôt, une pluie battante a démarré. Les enfants avaient peur.

Je ne savais pas quoi faire, alors je me suis de nouveau connectée à Internet. J’ai commencé à écrire dans un chat dédié aux parents d’accueil. Quelqu’un de SOS Villages d’Enfants a répondu et nous a dit d’attendre et de ne pas bouger, qu’il allait envoyer une voiture pour nous. Le chauffeur est arrivé et nous a emmenés, les enfants et moi, au village d’enfants SOS de Brovary ».

Un conte de fées

« Je pensais qu’on nous y laisserait seulement une nuit ou deux. Au lieu de cela, nous avons eu droit à un conte de fées. Je ne suis pas habituée à ça. J’aidais les gens de mon village, et là, c’est moi qui recevais de l’aide ».

Depuis ce jour, Valentyna et ses quatre enfants vivent dans le village d’enfants SOS de Brovary.

« Nous vivons dans une maison chaleureuse et confortable. Les enfants vont à l’école et au jardin d’enfants. Ils participent à toutes sortes d’activités extrascolaires comme la construction de Lego, la peinture, etc. Un orthophoniste travaille avec ma fille de cinq ans qui a des problèmes d’élocution. Les autres enfants voient un psychologue, reçoivent un soutien scolaire en ukrainien et en mathématiques. Ils ont beaucoup de retard car à la maison, l’école s’était arrêtée d’abord à cause de la pandémie, puis à cause de la guerre ».

Valentyna et ses plus jeunes enfants dans le village de Brovary © Katerina Ilievska

Les bonnes actions sont toujours récompensées

Valentyna souligne qu’elle et ses enfants se portent bien maintenant. « Il fait chaud à la maison, nous avons à manger, les collaborateurs de SOS Villages d’Enfants nous demandent toujours si nous avons besoin de quelque chose. Je leur dis qu’ils m’étonnent, car nous n’avons jamais eu autant de soutien ».

Elle communique régulièrement avec ses enfants adultes à Kherson et à Odessa. « Je suis grand-mère aussi », ajoute-t-elle en larmes, précisant que tous aspirent à rentrer chez eux. « Nous attendons la victoire et rentrerons chez nous. J’aimais notre vie là-bas et notre foyer. Dès que notre village sera libéré et que nous aurons le feu vert, nous partirons ».

En attendant, la famille est en sécurité dans le village d’enfants SOS de Brovary : « Je n’arrive toujours pas à croire à la chance que nous avons d’être ici, dans le village d’enfants SOS », dit Valentyna. « Je continue à demander aux gens si c’est vrai. Ils me disent que ce n’est pas un rêve. Parfois, les bonnes actions sont récompensées », conclut-elle.

Pour soutenir les enfants et les familles en Ukraine, tout don sur le CCPL IBAN LU65 1111 0050 0053 0000 (mention « Urgence Ukraine 2023 ») ou via www.sosve.lu sera reçu avec gratitude.

24.02.2023

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