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Des témoignages en provenance d’Alep, trois semaines après les séismes

Publié le 28.02.2023

Après les deux puissants séismes qui ont dévasté le 6 février la Turquie et la Syrie, suivis le 20 février par deux nouveaux tremblements de terre qui se sont produits dans la même région, la situation est catastrophique dans les deux pays où le bilan humain fait état de plus de 50.000 morts. Au nord-ouest de la Syrie, des milliers de personnes se retrouvent sans abri par un hiver glacial. A Alep où SOS Villages d’Enfants Syrie est présente, l’association s’est mobilisée pour apporter une aide d’urgence aux enfants et familles victimes de la catastrophe (distribution de produits de première nécessité, hébergement d’urgence, soutien psychosocial…). A lire l’entretien avec Mahmoud Shabarek, point focal de SOS Villages d’Enfants à Alep, et le témoignage de Shahira qui, avec sa famille, a dû abandonner sa maison gravement endommagée.

Interview avec Mahmoud Shabarek : « Les familles ont besoin de plus de soutien »

Pouvez-vous décrire la situation à Alep ?

Elle est catastrophique. Personne ne peut dire ce que sera la situation après ces tremblements de terre, car les chiffres sont toujours provisoires, avec un nombre toujours plus grand de morts retrouvés sous les décombres et un nombre croissant de blessés. Les abris sont occupés par un très grand nombre de personnes déplacées, certaines ayant perdu leurs maisons, d’autres les ayant retrouvées dans un état inhabitable à cause d’énormes fissures. A Alep, le nombre de bâtiments détruits par les tremblements de terre dépasse 111.

Quelle est la situation des enfants et des familles ?

De nombreuses ONG aident les familles en leur fournissant de la nourriture et des vêtements, mais les besoins sont énormes. Les familles nécessitent plus de soutien encore. La plupart d’entre elles ont quitté leur maison sans rien emporter. Familles et enfants sont désormais dans les parcs et les places publiques. C’est l’hiver, la température est inférieure à zéro degré, ce qui est un problème supplémentaire pour les familles.

Comment subviennent-elles à leurs besoins quotidiens ?

Grâce, principalement, aux aides fournies. Dans la plupart des distributions, on trouve conserves et aliments cuisinés qui ne nécessitent pas de cuisson. Cependant, il y a une énorme pénurie de produits en raison du grand nombre de personnes sinistrées. Il manque aussi du lait pour nourrissons et des produits alimentaires.

De quoi les enfants et les familles ont-ils le plus besoin ?

Ils ont besoin d’abris, de matériel médical d’urgence, d’eau potable et de nourriture, de kits de premiers secours, de couvertures et de vêtements chauds, d’articles d’hygiène et d’une aide financière. De plus, les enfants qui ont subi des traumatismes ont besoin d’un soutien psychosocial.

Témoignage de Shahira, mère de famille : « Je veux retrouver mon quotidien »

Shahira était à la maison avec ses quatre enfants quand ils ont soudain entendu des cris. Les objets ont commencé à tomber autour d’eux et ils ont senti les murs se fissurer. « Je me suis dépêchée de sortir du bâtiment avec mes enfants. Nous sommes restés dans la rue à regarder les immeubles s’effondrer et des débris étaient dispersés autour de nous » déclare Shahira.

Le logement de Shahira a été sérieusement endommagé. La famille a dû partir et trouver refuge dans une mosquée d’Alep. Il neigeait au moment du séisme, ce qui a rendu les choses encore plus difficiles pour les milliers de familles qui ont dû abandonner leur foyer. Le traumatisme psychique et émotionnel sur les enfants et leurs familles est considérable.

« Mes enfants ont eu une grosse grippe en raison des températures très froides le jour du tremblement de terre. Aujourd’hui, ils ont peur et sont très anxieux et claustrophobes » explique Shahira. L’unique souhait de la famille est que les choses reviennent à la normale : avoir à manger et un foyer leur offrant sécurité, stabilité et un sentiment d’intimité.

Lorsqu’on lui demande ses espoirs pour le futur, Shahira nous répond : « Je souhaite retrouver mon quotidien, vivre sereinement avec mes enfants et retourner au travail pour subvenir à leurs besoins. J’espère que mes enfants vont retourner à l’école et poursuivre leur scolarité ».

Photos : © Mahmoud Shabarek

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