Les Nations Unies ont adopté en 2014 une Journée mondiale des compétences des jeunes. Fixée au 15 juillet, celle-ci met en avant le rôle majeur de la transmission de compétences plurielles afin de donner aux jeunes la possibilité de trouver un emploi décent ou de se lancer dans l’entrepreneuriat. Alors que de multiples crises frappent un monde bouleversé et changeant, que le chômage des jeunes reste partout un défi, la problématique retenue pour la Journée 2026, « Des compétences pour un avenir commun », a tout son sens. Il en va notamment de la « nécessité de développer pour les jeunes des programmes de formation innovants qui les préparent à s’intégrer avec succès dans les sociétés et les économies, où ils pourront diriger avec empathie, communiquer au-delà des frontières culturelles, renforcer leur résilience et contribuer à un avenir meilleur » lit-on sur le site de l’UNESCO.


YouthCan! fête ses 10 ans en 2026
Chez SOS Villages d’Enfants Monde, nous nous associons naturellement à cette Journée. Formation, employabilité et innovation sont au cœur de bon nombre de projets en faveur de jeunes en situation de vulnérabilité aux quatre coins de la planète. Preuve en est le programme YouthCan! lancé en 2017 par SOS Villages d’Enfants International pour favoriser l’employabilité des jeunes, surtout ceux privés de prise en charge parentale ou qui risquent de l’être et ceux qui vivent en situation de grande précarité.
Ce 15 juillet est une belle occasion d’en présenter les avancées et les chiffres clés de l’année écoulée, de montrer comment ce programme donne aux jeunes de vrais moyens de renforcer leur confiance en eux, d’acquérir des compétences et de se constituer des réseaux de soutien pour devenir autonomes. Son impact se reflète en particulier dans la préparation des jeunes à leur entrée dans le monde du travail.
30.053 jeunes, 1.590 bénévoles, 48 pays

En 2025, plus de 30.000 jeunes dont 51% de filles dans 48 pays ont bénéficié d’un accompagnement, d’un mentorat, d’une formation ou d’une première expérience professionnelle grâce à YouthCan!, et cela avec le soutien de 1.590 bénévoles et de 374 partenaires pour la plupart locaux. Par ailleurs, 58% des participante(e)s ont accédé à un statut d’indépendant ou à un emploi salarié, alors que seuls 30% ont eu un emploi dans le secteur formel.
Hasina, étudiante en informatique, jeune et engagée !
A l’occasion de la Journée mondiale des compétences des jeunes, nous avons à cœur d’évoquer le parcours de la jeune Hasina Ramisedra, 22 ans, étudiante en informatique et membre du Conseil des jeunes YouthCan! à Madagascar. Arrivée chez SOS Villages d’Enfants à Madagascar à deux mois, cette passionnée des chiffres s’est intéressée à la technologie quand elle était au lycée, « je rêvais de créer mes propres jeux vidéo » confie-t-elle.
Désormais, Hasina étudie l’ingénierie de l’intelligence artificielle et la science des données et s’engage au sein d’une association de jeunes axée sur l’informatique verte. Elle y explore les liens entre technologie et protection de l’environnement, « un sujet crucial pour ma génération et pour Madagascar qui figure parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique au monde » explique-t-elle dans une publication parue sur le site de SOS Villages d’Enfants International à l’occasion de la Journée internationale des filles dans le secteur des TIC.
Pour une plus grande inclusion numérique des femmes
Dans « Les systèmes qui façonnent nos vies ne peuvent être construits sans nous », article qu’elle a co-écrit, Hasina livre une intéressante réflexion sur l’importance dans un monde en pleine mutation de l’intégration des filles dans l’éducation, la formation et l’emploi. La jeune informaticienne rappelle que la fracture numérique résulte d’inégalités ancrées depuis l’enfance et que trop de filles encore n’ont pas la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires pour se lancer dans le secteur des sciences ou dans celui de l’économie numérique. A l’échelle mondiale, seulement un quart des professionnels de l’IA sont des femmes, et moins de 15% d’entre elles occupent des postes à responsabilité.
Hasina pointe du doigt les obstacles à l’inclusion numérique et explique pourquoi il est indispensable de refléter les réalités de toutes dans les systèmes de l’IA car « si les filles et les femmes ne peuvent pas influencer les systèmes qui affectent leur vie, les inégalités s’y inscriront durablement et le cycle de la précarité se perpétuera ». Il y a donc urgence à agir et collectivement.

