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La famille qui a changé la vie de Theresa

Publié le : 24.07.2022

À 10 ans, Theresa* ne savait ni lire ni écrire et ses camarades de classe se moquaient d’elle tous les jours.

Elle a eu une enfance difficile, les parents de Theresa sont décédés lorsqu’elle avait un an. Elle est allée vivre avec son oncle malade, qui l’a ensuite envoyée chez sa grand-mère âgée.

Theresa se souvient très bien de sa grand-mère et de l’expression qu’elle avait lorsqu’elle recevait sa pension, c’était le seul revenu de la famille.  « Elle avait l’air triste et perdue dans ses pensées » dit Theresa. Les besoins du ménage étaient nombreux et l’argent qu’elle avait à sa disposition ne suffisait pas pour faire vivre Theresa et les trois autres jeunes enfants dont elle avait la charge.

« La vie était dure. J’allais à l’école sans avoir rien mangé », ajoute Theresa. « Je n’arrivais pas à me concentrer en classe. Je ne cessais de penser à la pauvreté de notre foyer et à l’endroit où je pourrais trouver mon prochain repas. Lorsque ma grand-mère est morte, nous avons commencé à aller nous coucher le ventre vide. Nous travaillions (dans les fermes) après l’école pour gagner de l’argent pour la nourriture, et nous survivions surtout avec un peu de mahangu (millet perlé) pilé, c’est tout ce que nous pouvions nous permettre. »

A la mort de sa grand-mère, Theresa est allée vivre dans une maison SOS au village d’enfants SOS d’Ongangwa, en Namibie, dans cet environnement familial, elle a reçu les soins dont elle avait besoin. A l’époque, elle avait 10 ans et était en troisième année d’études.

« Ce déménagement a changé ma vie. En plus d’un mode de vie sain, on m’a fourni tout ce dont j’avais besoin […] J’ai été submergée par les câlins et l’affection de ma nouvelle famille. Pour la première fois, j’ai ressenti l’amour d’un parent, je n’avais jamais connu ça auparavant. »

Theresa
Une petite fille sur une balancoire

Theresa dit qu’elle n’était pas heureuse à l’école parce que les autres enfants se moquaient de son illettrisme, ils lui faisaient des commentaires méchants p. ex. « retourne en maternelle et reviens ici quand tu seras prête », mais ma mère SOS m’a encouragée à rester concentrée. Elle m’a donné des exemples de personnes qui ont réussi dans la communauté et qui ont aussi eu une enfance difficile. Elle m’a dit d’ignorer les moqueries et de me concentrer sur mes études. »

Liina Magano Hafunda la personne qui a pris soin de Theresa. « En tant que mère, je m’asseyais avec ma fille tous les jours après l’école pour suivre ses progrès et faire ses devoirs », explique Liina. « Nous avons de bonnes relations avec ses professeurs et quand quelque chose lui arrivait, elle le signalait immédiatement », ajoute-t-elle.

Grâce à ce soutien, Theresa a appris à lire et à écrire. Récemment, la lycéenne est sortie major de sa classe et a obtenu un diplôme en installation électrique. Theresa est la première du village d’enfants SOS d’Ondangwa à être diplômée d’un établissement d’enseignement supérieur, elle est devenue un modèle. Elle espère devenir ingénieur.

« Je veux poursuivre mes études et obtenir une licence et un master. SOS m’a aidée à devenir une personne forte et une travailleuse acharnée qui a pour objectif de réussir dans la vie. »

Theresa a aujourd’hui 21 ans et elle va bientôt quitter le Village d’Enfants SOS. Le personnel du village d’enfants SOS l’a déjà préparée à ce départ en lui donnant des formations et en l’aidant à acquérir les compétences dont elle a besoin pour cette transition.

Une petite fille fait ses devoirs

Theresa est enthousiaste à l’idée d’entamer un nouveau chapitre de sa vie, mais elle reste prudente : « Il est un peu difficile de trouver du travail en Namibie, car la plupart des entreprises cherchent des personnes ayant deux à cinq ans d’expérience professionnelle. Mon inquiétude est de savoir qui subviendra à mes besoins si je ne trouve pas d’emploi ».

Liina est consciente de ce défi, mais elle est optimiste. « À cause de COVID-19, certaines entreprises ont fermé et d’autres n’ont gardé que peu d’employés », dit-elle ; trouver un emploi sera effectivement un défi, mais comme Theresa est une travailleuse acharnée et une jeune personne engagée, elle trouvera certainement un emploi. »

Le soutien post-SOS de Theresa est composé d’une allocation qui l’aidera pendant les six premiers mois à s’installer, et d’un kit de démarrage comprenant un lit et une armoire. Theresa dit que la plupart des jeunes se sentent un peu stressés face à l’incertitude de la transition, à la séparation d’avec leurs frères et sœurs et le début d’une nouvelle vie si différente au sein de la communauté où rien ne leur sera plus fourni.

Liina affirme que le changement affecte également les personnes qui s’occupent des enfants.

« Les liens que j’entretiens avec les enfants sont forts, et je suis donc triste que Theresa quitte notre foyer. Mais je suis aussi heureuse parce que j’ai élevé une enfant qui est en mesure de mener une vie indépendante. Nous devons accepter que les choses changent, et qu’il y a un temps pour tout ».

*Le nom a été changé pour des raisons de confidentialité – Photos : Severinus Sainga

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