« Carton rouge au travail des enfants : une enfance protégée, un travail décent pour les adultes », tel est le thème 2026 de la Journée mondiale contre le travail des enfants. Une journée mise en place en 2002 par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour sensibiliser le plus grand nombre à ce problème majeur. Comme de nombreux acteurs humanitaires, nous sommes engagés pour dire stop au travail des enfants et pour garantir à tous une éducation de qualité et plus tard un emploi décent. En ce 12 juin, nous avons à cœur de rappeler que tous les enfants ont le droit d’apprendre, de jouer, de rêver et de se projeter dans le futur.

© Bjørn-Owe Holmberg
138 millions d’enfants concernés !
En dépit d’avancées notables en matière de réduction du travail des enfants depuis le tournant du Millénaire, la situation mondiale reste alarmante. D’ailleurs, force est de constater que la cible 8.7, fixée par les Objectifs de Développement Durable, qui visait « d’ici à 2025 à mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes », n’a pas été atteinte.
Selon les Nations Unies, aujourd’hui encore 138 millions d’enfants sont contraints de travailler (surtout dans l’agriculture) dont 54 millions sont engagés dans des emplois dangereux. Le plus grand nombre d’entre eux (environ 87 millions) vivent en Afrique subsaharienne.

Stop au travail des enfants ! Education de qualité et dialogue interculturel comme remparts
Ce 12 juin, avec la communauté internationale nous hissons haut le carton rouge contre le travail des enfants. Depuis toujours, chez SOS Villages d’Enfants Monde, nous sommes engagés sur le terrain avec nos partenaires et associations sœurs dans des actions de prévention et de protection contre le travail des enfants et les violences qui y sont associées et pour leur garantir une éducation de qualité dans un environnement sûr, protecteur et stimulant. Une mission guidée par les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, notamment les ODD 4, 5 et 8. Aller à l’école et ne pas abandonner en cours de route reste le meilleur moyen pour un enfant de lui éviter d’être contraint de travailler et de lui assurer plus tard un avenir porteur avec un emploi décent.

© Jessica Tradati
A côté des projets spécifiques à portée éducative qui nous occupent actuellement, notamment au Maroc et au Cap-Vert, la protection et l’éducation des enfants font partie de l’ensemble de nos programmes engagés tant sur le terrain du développement que sur celui de l’urgence et de la résilience. En Afrique, les équipes et les communautés sont mobilisées pour mettre un terme au travail des enfants, renforcer l’éducation et favoriser le dialogue interculturel.
Des Clubs d’Enfants au Niger
Tel est le cas dans nos programmes de développement dits PACOPE-SPE en Afrique de l’Ouest, au Niger notamment dans les localités de Dosso et de Tahoua. Là, 12 Clubs d’Enfants et 15 Associations de Parents d’Elèves et d’autres structures communautaires bien établies s’investissent aux côtés des autorités locales et des familles pour faire respecter le droit et l’accès à l’éducation de chaque enfant, renforcer une éducation de qualité pour tous, encourager l’employabilité des jeunes, favoriser l’égalité des sexes et réduire les inégalités de genre et plus largement promouvoir des sociétés pacifiques, justes et équitables.
Des clubs de paix en Ethiopie
Par ailleurs, en Ethiopie, dans le cadre d’un projet d’appui à la résilience, axé sur une approche intégrée liant nutrition, développement et paix, qui se développe à Moyale dans le sud du pays où cohabitent plusieurs grandes communautés comme les Oromos et les Somalis, des clubs de paix doivent voir le jour. L’objectif est en effet de réunir des élèves de différentes origines pour qu’ils deviennent de vrais acteurs de sensibilisation à la paix au sein de leurs propres communautés. Ces Clubs seront amenés à organiser entre autres des activités socioculturelles comme des tournois sportifs et des échanges artistiques inter-écoles afin de favoriser le dialogue interculturel et la paix dans cette région frontalière entre l’Ethiopie et le Kenya où les tensions intercommunautaires sont fréquentes.