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Journée internationale de l’alphabétisation

Publié le : 8.09.2020

Journée internationale de l’alphabétisation

Avec en toile de fond la crise du Covid-19, la Journée internationale de l’alphabétisation 2020 a une couleur inhabituelle. Pendant des mois, les écoles du monde entier ont fermé et nombre de programmes d’alphabétisation pour jeunes adultes ont été arrêtés et risquent de ne pas reprendre. Selon l’Unesco, seul un élève sur trois pourra retrouver les bancs de l’école. La menace d’un décrochage scolaire à long terme est grande pour les enfants et adolescents les plus vulnérables. La situation est préoccupante d’autant plus que les jeunes ont désormais besoin d’être connectés pour pouvoir apprendre.

En ce 8 septembre, SOS Villages d’Enfants veut ainsi attirer l’attention sur la fracture numérique qui met en danger l’éducation de millions d’élèves qui vivent dans des conditions très vulnérables, sans accès ou avec un accès limité à l’électricité et à Internet ou sans possibilité d’apprentissage en ligne car leurs écoles n’en ont pas les moyens. Ils risquent de perdre une nouvelle année scolaire. Selon l’Unicef, plus de 30% des élèves dans le monde n’ont pas accès à l’enseignement à distance et les disparités sont criantes notamment en Afrique subsaharienne.

« Pendant que de nombreux enfants sont passés à l’apprentissage en ligne, la majorité des enfants en Afrique sont frustrés et anxieux, au grand désarroi des parents et des enseignants qui s’inquiètent pour leur futur » dit Benoît Piot, directeur de SOS Children’s Villages International pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre, tout en expliquant comment la crise du Covid-19 a révélé un problème qui existait déjà. Aujourd’hui, pour que les enfants puissent apprendre dans de bonnes conditions, il faut d’urgence améliorer leur connectivité et leur accès au matériel éducatif.

Le désir d’école de trois sœurs
Au Sénégal, radios nationales et réseaux communautaires ont commencé à diffuser un programme éducatif pour les enfants et les adolescents sans accès à Internet et à la télévision.

A Kaolack, la jeune Khadi* fait partie des innombrables élèves dont l’éducation a été bouleversée par la pandémie de Covid-19. Dans la cour de la maison familiale où est installée la radio qui lui permet de suivre quelques cours, Khadi joue à l’alamber – jeu d’enfants familier au Sénégal – avec sa sœur Awa en attendant que leur sœur Salimata les rejoigne pour aller à la daara où, pendant les vacances scolaires, beaucoup d’enfants apprennent l’arabe et étudient le Coran.

Comme chaque année pendant la saison des pluies, de grandes flaques d’eau boueuse se forment autour et dans l’unique pièce de la maison faite de tôles où les trois sœurs vivent avec leur mère, leur père et leur grande sœur. Boîtes de conserve, seaux, pneus usagés et déchets (milieu de reproduction idéal pour les moustiques) s’entassent aux abords. Leur cadre de vie est rude. Pourtant, c’est leur maison et c’est là que les trois sœurs ont passé la plupart de leur temps alors que le Sénégal avait déclaré l’état d’urgence et que les écoles du pays avaient fermé leurs portes dans le but d’arrêter la propagation du virus.

« Je veux devenir docteur », dit Awa. « Je veux devenir fonctionnaire », dit Salimata. « Je ne sais pas ce que je veux faire », dit Khadi. Si leurs aspirations diffèrent, les trois sœurs espèrent que les choses reviendront vite à la normale, qu’elles n’auront plus à compter sur la radio pour suivre des cours, qu’elles pourront poser des questions à leurs enseignants à chaque fois qu’elles ne comprendront pas quelque chose, qu’elles pourront voir leurs amis et surtout qu’elles pourront retourner à l’école sans avoir peur.

Mais  la rentrée est encore pleine d’interrogations pour les trois sœurs.

*Les noms ont été changés pour des raisons de protection

© photos: : Nigus Hailu, Sébastien Taylor

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