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Haïti : Une mère et son fils se remettent lentement du tremblement de terre

Publié le : 12.11.2021

Michel, 15 ans, trouve du réconfort dans les Espaces Amis des Enfants SOS et constate l’amélioration de la santé mentale de sa mère.

Michel a vécu le tremblement de terre du 14 août 2021. C’était la première fois qu’un événement produit un tel impact sur lui. Il était dans sa chambre ce samedi matin. Chaque fois qu’il y pense, il fond en larmes.

« Je ne peux pas imaginer si le mur de ma chambre s’était effondré », dit-il. « Si je ne m’étais pas réveillé et déplacé rapidement, je ne serais plus en vie aujourd’hui et ma maman, que j’adore, ne pourrait pas vivre sans moi ».

Comme lui, il pense que de nombreux jeunes qui ont vécu cet événement ont besoin d’un espace sûr, de quelqu’un à qui parler, de quelqu’un qui puisse les aider à tout oublier. Il raconte que son ami Samuel n’arrive pas à s’en remettre depuis qu’il a perdu sa mère. Il ne fait plus attention en classe et ne s’intéresse plus à l’école.

« Chaque fois que nous perdons un être cher, notre première réaction est de lâcher prise », dit Michel. « On n’a plus la force de se battre et on risque de laisser filer notre vie si on n’a pas quelqu’un pour nous écouter et nous aider à soigner cette blessure. »

Selon lui, les Espaces Amis des Enfants sont très importants pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Ces espaces, dit-il, aident à guérir une blessure qui, si elle n’avait pas été traitée, aurait continué de s’infecter.

Depuis le tremblement de terre du 14 août, Michel a appris à vivre loin de tout confort. Il a recouvert les parties endommagées de sa maison d’une bâche. Avec le soutien de sa mère, il a déblayé les décombres afin d’avoir plus de place pour dormir la nuit. Sa mère a récemment rencontré des psychologues du projet d’urgence.

« J’adore quand ma mère va à ces réunions », avoue-t-il. « Quand elle revient à la maison, elle est moins agressive, ouverte au débat, souriante. Cela me permet de comprendre l’intérêt de parler de ses angoisses et de dissiper ses craintes. Je crois que beaucoup d’autres familles ont besoin de cet espace de parole pour se libérer. »

Michel rêve déjà de son indépendance. Il apprend le carrelage pour gagner suffisamment d’argent afin d’aider sa mère à reconstruire la maison. Il partage son temps entre les cours du matin en classe de quatrième et passe ses après-midis à travailler. D’ici quelques années, il souhaite faire une belle carrière de technicien dans ce domaine.

© Joubert Rochefort

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