Depuis 25 ans, le 20 juin, nous célébrons avec la communauté internationale une journée pour mettre en lumière le courage, la force et la résilience des millions de personnes qui sont contraintes de fuir guerres et violences dans leur pays. Depuis longtemps, SOS Villages d’Enfants Monde se mobilise aux côtés de ses partenaires sur le terrain pour répondre aux nombreuses crises de réfugiés. Nous sommes notamment engagées depuis des années auprès de notre association sœur en Colombie pour accompagner des enfants et des familles en provenance du Venezuela.
Cette journée mondiale nous incite à ne pas oublier toutes les personnes déracinées dans le monde. En 2026, le thème retenu est « Jusqu’à ce que tout le monde soit en sécurité », les Nations Unies appelant à une plus grande protection des réfugiés. Elles le rappellent : « 75 ans après l’adoption de la Convention de 1951 relative au statut de réfugiés, cette promesse reste l’un des engagements les plus clairs de la communauté internationale : les personnes contraintes de fuir ne doivent pas être renvoyées vers le danger et doivent pouvoir vivre dans la dignité pendant leur déplacement ».
45 millions d’enfants déplacés de force
Fin 2025, le nombre de personnes déplacées de force dans le monde a atteint 117,8 millions, selon le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Sur ce total, 41,6 millions sont des réfugiés, 68,7 millions des déplacés internes. Si ce chiffre global a diminué pour la première fois depuis dix ans, il n’en reste pas moins « à un niveau inacceptable » et il y a urgence à multiplier les efforts pour trouver des solutions, insiste le HCR. On estime à 45 millions le nombre d’enfants déplacés de force, soit 38%, et 305.000 naitraient chaque année en tant que réfugiés.
Accompagner des familles vénézuéliennes en Colombie
Les Vénézuéliens sont au premier rang des personnes déracinées (6,5 millions) et la Colombie est le premier pays d’accueil (2,8 millions dont le plus grand nombre venu du Venezuela).


Mobilisée depuis 2018 en Colombie aux côtés de son association sœur (présente dans le pays depuis 1971) pour améliorer le quotidien de milliers d’enfants, de jeunes et d’adultes originaires du Venezuela, SOS Villages d’Enfants Monde est engagée depuis l’été 2025 dans un projet qui accompagnera sur deux ans 100 familles migrantes et familles hôtes dans la Comuna 6 de Cali. Cette zone marquée par des défis sociaux complexes accueille de nombreuses familles migrantes particulièrement vulnérables. Il s’agit d’y bâtir des environnements de vie inclusifs, protecteurs et durables, toujours en lien avec les droits des enfants et des jeunes. Quelque 460 participants indirects seront concernés par le projet d’ici 2027.
Soutenir les familles monoparentales pour le bien-être des enfants migrants en Colombie
Renforcer les capacités de protection des communautés
Actuellement, cinquante familles du Jarillón, la plupart conduites par des femmes, bénéficient d’un accompagnement renforcé dans des domaines variés : démarches administratives (25 familles concernées, deux ont été régularisées, quatre sont en voie de l’être), accès aux services de base (entre autres système de santé, éducation, prévention des violences), formations…


Près d’un an après le démarrage du projet, le retour des familles est positif sur les activités d’appui et le soutien psychosocial dont elles ont bénéficié. Leur participation à des groupes d’épargne communautaire se poursuit. Plusieurs workshops ont ainsi été mis en place pour leur bonne compréhension du fonctionnement d’une AVE&C en vue d’améliorer leurs capacités à générer de revenus et pouvoir ainsi répondre aux besoins essentiels de leurs enfants.
Un ciné-forum mobilise 40 familles

Par ailleurs, les parents ont continué à renforcer leurs compétences parentales : 40 familles ont notamment participé à un ciné-forum sur des thématiques fortes comme la santé mentale des jeunes, les relations intergénérationnelles, l’usage des réseaux sociaux ou encore l’écoute active. Enfin, les échanges se poursuivent avec des leaders communautaires et des acteurs institutionnels en vue de prévenir la violence, les abus, l’exploitation et la négligence envers les enfants et les jeunes et de renforcer durablement leur protection et les mécanismes communautaires de protection.