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Grandir malgré la guerre : la résilience des enfants et de leurs éducateurs au Soudan

Publié le 28.04.2026

Suite à plusieurs déplacements de Khartoum vers Kassala, ces accompagnants ont dû faire face à des changements importants : aider les enfants à s’adapter à leurs nouveaux environnements, minimiser l’impact émotionnel du déplacement.

Pour Somaia, cette transition a impliqué de s’adapter à un environnement entièrement nouveau, tout en veillant à préserver une forme de continuité pour les enfants.

Elle a constaté des évolutions émotionnelles marquées chez certains enfants : tandis que les uns sont devenus plus réservés, d’autres manifestent de l’anxiété face à l’adaptation à de nouvelles écoles et à de nouveaux repères sociaux. Somaia s’est donc attachée à recréer une structure rassurante, en instaurant des routines quotidiennes, des temps de lecture et des activités collectives.

« Les enfants sont très sensibles aux changements. Même lorsque leurs besoins matériels sont comblés, ils perçoivent profondément les différences », souligne Mona.

Pour Aisha, le principal défi a été de recréer un sentiment d’appartenance. Le déménagement à Kassala a en effet nécessité de laisser derrière eux des lieux familiers, des relations et de nombreux souvenirs.
« Les enfants regrettent ce qu’ils connaissaient auparavant. Il a fallu les aider à comprendre que cet endroit est désormais leur maison », explique-t-elle.

Aisha a ainsi renforcé les liens au sein du foyer, en consacrant du temps à des échanges individuels et en encourageant des activités collectives, afin de recréer une véritable atmosphère familiale.

Chez tous les éducateurs, un message commun se dégage : leur engagement va bien au-delà de la simple réponse aux besoins immédiats. Jour après jour, ils s’adaptent, reconstruisent la confiance et créent des cadres rassurants dans lesquels les enfants peuvent commencer à se reconstruire et à retrouver un sentiment d’appartenance. Ils font preuve d’une résilience remarquable, qui mérite d’être reconnue. Leur rôle demeure essentiel pour garantir une continuité, renforcer la capacité de résilience des enfants et instaurer un sentiment de sécurité dans des contextes marqués par l’incertitude.

Toutefois, la résilience à elle seule ne suffit pas et ne peut se substituer à un soutien durable. Un investissement constant dans les services psychosociaux, la formation des éducateurs et l’intégration au sein des communautés est indispensable pour permettre aux enfants affectés par les conflits de se reconstruire, de s’adapter et de reprendre le cours de leur vie.

Photos : SOS Children’s Villages in Sudan

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